QESTIONS / REPONSES
1) Que mangent les poissons d'aquaculture en France ?
L'aliment distribué par l’éleveur doit apporter tous les nutriments nécessaires pour assurer la croissance et le bien-être du poisson. Le Gouessant produit des aliments selon de nombreux cahiers des charges de type Label rouge, AB, Carrefour… Nous retrouvons, globalement, dans la composition d'un aliment pour poisson, les quatre grandes familles de nutriments. lire la suite...
Dominique Corlay, responsable commercial de l'activité aquacole du Gouessant, répond.
L'aliment distribué par l’éleveur doit apporter tous les nutriments nécessaires pour assurer la croissance et le bien-être du poisson. Le Gouessant produit des aliments selon de nombreux cahiers des charges de type Label rouge, AB, Carrefour… Nous retrouvons, globalement, dans la composition d'un aliment pour poisson, les quatre grandes familles de nutriments :
- Les protéines : elles apportent les éléments nécessaires à la constitution corporelle. Ces poissons nobles ont des besoins élevés (de 35 à 50 %) et elles doivent être de bonne qualité (digestibilité, profil en acides aminés adapté). Elles sont de plusieurs origines :
- farines de poissons, issues de poissons sauvages entiers ou de leurs chutes de transformation (parties non utilisées lors de la découpe) : de 10 à 50 % de la ration,
- protéines végétales, en particulier soja, maïs, pois, gluten de blé : de 10 à 40 %,
- autres sources de protéines : les produits issus des industries agroalimentaires (levures, produits dérivés du sang de non-ruminants…).
- Les lipides : éléments énergétiques majeurs de la ration du poisson, ils apportent aussi les acides gras essentiels au métabolisme cellulaire. Ces lipides, incorporés entre 10 et 30% de la ration alimentaire, sont de deux origines :
- huiles de poisson : extraites lors de la fabrication des farines de poisson,
- huiles végétales : soja, colza, lin, maïs…
- Les carbohydrates : d’un faible intérêt nutritionnel, ils ont surtout un rôle technologique de support à la tenue des granulés, grâce à leur teneur en amidon. Parmi ces matières premières : le blé et autres produits amylacés, incorporés à hauteur de 10 à 20 %.
- Les minéraux et les vitamines : indispensables à la croissance et à la santé du poisson. Ce complexe, incorporé à moins de 1 % environ, est composé, en particulier des vitamines A, D3, E, C et celles du groupe B.
2) L'aquaculture n’est-elle pas responsable de la surexploitation des mers ?
Les farines de poissons et les huiles de poissons utilisées par l’aquaculture européenne proviennent essentiellement de deux zones géographiques :
- Les côtes du Pacifique : Pérou et Chili, les premiers producteurs mondiaux,
- Les mers froides du nord de l’Europe : Islande, Norvège, Danemark. lire la suite...
Les farines de poissons et les huiles de poissons utilisées par l’aquaculture européenne proviennent essentiellement de deux zones géographiques :
- Les côtes du Pacifique : Pérou et Chili, les premiers producteurs mondiaux,
- Les mers froides du nord de l’Europe : Islande, Norvège, Danemark.
Ces captures de poissons sont strictement gérées sous quotas par les autorités nationales : fermeture de la pêche pendant les périodes de reproduction, taille minimum de capture, nombre limité de licences de pêche, embarquement sur chaque navire d’un système de positionnement par satellite pour leur surveillance par les autorités maritimes (zone maximale des 200 miles pour le Pacifique).Ces pêches minotières, destinées à la production de farines de poissons, sont ciblées sur deux groupes d’espèces :
- des espèces sans intérêt pour la consommation humaine : petite taille, trop d’arêtes (capelans, lançons, tacauds norvégiens). Ce premier groupe représente la part la plus importante des matières premières d’origine marine destinées à l’aquaculture.
- des espèces ayant un faible potentiel pour la consommation humaine et/ou très éloignées des zones de consommation : faible taille, qualité médiocre (merlans bleus, sprats, anchois, chinchards, jaurels…).
Le complément de farines et d’huiles de poissons provient :
- des espèces ayant un potentiel commercial, mais dont les surplus ponctuels peuvent être transformés (cas des pêches saisonnières) (harengs, chinchards d’Europe, sardines…)
- des chutes de poissons issues de l’industrie de transformation (criées, ateliers de transformation), à l’exception des poissons d’élevages, sont aussi transformées en farines et huiles.
Grâce à l’ensemble de ces mesures et contrôles, l’aquaculture ne peut donc pas être accusée de participer à la surexploitation des ressources marines. La production mondiale (hors phénomène météorologique de type El Nino) en huiles et en farines est d’ailleurs très stable depuis plus de 30 ans.
3) Combien faut-il de kilos d’aliments pour produire 1 kg de poisson d’aquaculture ?
Parmi les animaux d’élevages, les poissons sont les meilleurs transformateurs, puisqu’il faut en moyenne, pour une truite, 1 kg d’aliment pour produire 1 kg de poisson ! lire la suite...
Parmi les animaux d’élevages, les poissons sont les meilleurs transformateurs, puisqu’il faut en moyenne, pour une truite, 1 kg d’aliment pour produire 1 kg de poisson ! L’indice de conversion s’est nettement amélioré en 20 ans, passant de 1,7 pour la truite portion (250 g) en 1985 à 0,8 en 2005 grâce à la recherche sur la nutrition et l’amélioration des technologies de fabrication des aliments aquacoles (technologie de l’extrusion). En moyenne, un aliment aquacole en France contient 25 % de produits de poissons. À titre d’information, 100 kg de poissons « minotiers » produisent en moyenne 20 kg de farine (à 10 % d’humidité) et 5 kg d’huile (source : IFFO). Il faut donc moins de 2 kg de poissons «minotiers » pour produire 1 kg de poisson d’élevage, comme une truite ! Dans la nature, le même poisson consommerait 6 à 10 kg de poissons-proies (source : IFREMER). Un poisson d’élevage consomme donc trois à cinq fois moins de poisson que son homologue sauvage.L’aquaculture est donc bien une réponse d’avenir à la demande croissante de poissons de qualité par les consommateurs.
4) Quels sont les engagements de la profession pour une aquaculture durable concernant l’alimentation des poissons ?
Les professionnels français, comme Le Gouessant, se sont engagés très tôt vers la notion d’aquaculture durable dans l’alimentation des poissons. Un premier constat a ainsi été fait lire la suite...
Les professionnels français, comme Le Gouessant, se sont engagés très tôt vers la notion d’aquaculture durable dans l’alimentation des poissons.
Un premier constat a ainsi été fait :
- pour assurer le développement de l’aquaculture, les produits de poissons (huiles et farines de poissons) ne suffiront pas. La disponibilité de ces produits reste globalement stable depuis 30 ans, soit 6 à 7 millions de tonnes en farines et 1 à 1,2 million de tonnes d’huiles de poissons (source FAO, de 1968 à 2000).
- Depuis 20 ans, les organismes de recherche ont prouvé la possibilité de substituer partiellement les huiles et les farines de poissons par des protéines et des huiles végétales, tout en préservant la qualité et l’intérêt nutritionnel des poissons d’aquaculture.
- Le Gouessant a mené de nombreux travaux de recherche démontrant, par exemple, que la substitution de l’huile de poissons, jusqu’à 50 % par de l’huile végétale, est adaptée à la croissance des poissons, sans réduire les qualités organoleptiques et nutritionnelles du poisson. Elle permet, de plus, de poursuivre le développement de l’aquaculture sans puiser sur les ressources marines.
- Enfin, Le Gouessant utilise également des protéines végétales de bonne qualité (gluten de blé ou de maïs, soja, pois…) qui permettent de diversifier l’apport protéique alimentaire des poissons et de limiter à bon escient l’utilisation des produits de poisson.
5) Quelle est la qualité des poissons d’aquaculture ?
Les qualités nutritionnelles des poissons d’aquaculture sont excellentes, tant sur le plan des protéines (acides aminés), que des minéraux et des vitamines. Sur le plan des lipides, la teneur moyenne des poissons d’élevage est stable et de bonne qualité car très forte en acides gras insaturés, grâce à leur alimentation maîtrisée lire la suite...
Les qualités nutritionnelles des poissons d’aquaculture sont excellentes, tant sur le plan des protéines (acides aminés), que des minéraux et des vitamines. Sur le plan des lipides, la teneur moyenne des poissons d’élevage est stable et de bonne qualité car très forte en acides gras insaturés, grâce à leur alimentation maîtrisée :
- garantie en acides gras polyinsaturés de type w3 (particulièrement EPA et DHA),
- teneur minimum en produits de poissons et en huile de poissons.
L’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a défini des allégations nutritionnelles en relation avec la teneur en acides gras essentiels et leur intérêt dans la santé humaine comme la protection contre les maladies cardio-vasculaires. Le poisson d’aquaculture de France remplit ainsi les 3 niveaux définis :
- « riche en acides gras Oméga 3 »,
- « le produit contribue au rééquilibrage des apports en acides gras Oméga 3 »,
- « les acides gras Oméga 3 participent au bon fonctionnement du système cardio-vasculaire ».
Sur le plan de la sécurité alimentaire, les poissons d’aquaculture de France présentent aussi beaucoup d’avantages par leur alimentation maîtrisée et contrôlée. La traçabilité des matières premières utilisées est garantie. Les teneurs en substances indésirables comme les dioxines, le plomb ou le mercure sont contrôlées, apportant ainsi plus de garanties que leurs homologues sauvages !
L’alimentation des poissons d’aquaculture est contrôlée et maîtrisée, ce qui permet de garantir une sécurité alimentaire égale, voire supérieure, aux poissons de pêche. Sur le plan organoleptique, les consommateurs ont le choix. La fraîcheur est un atout clé des poissons d’aquaculture : pêché le jour A, il est en jour B sur l’étal. Ce sont les conditions d’élevage et l’alimentation qui sont importantes. Donc, pas de clichés ou d’a priori sur les poissons d’aquaculture.